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  • André Dubuc

Des résultats records pour Franco-Nevada

Franco-Nevada (FNV, à Toronto, 193,04$), titre par excellence des redevances aurifères, a rapporté des résultats records au 2e trimestre, terminé au 30 juin 2021, en raison des prix élevés sur les métaux et la remontée du cours du pétrole par rapport à la même période il y a un an.


Les revenus de la société torontoise ont dépassé les 370 millions US en hausse de 77 % par rapport à ceux enregistrés au deuxième trimestre 2020.


Pour les six premiers mois de la présente année financière, la croissance des revenus dépasse les 50 %. Le profit atteint 175 millions US ou 0,92 $ US par action au trimestre clos le 30 juin 2021. La société prévoit dépasser le milliard de revenus cette année.


Franco-Nevada a implanté avec succès au secteur aurifère le concept de financement de projets miniers au moyen de redevances. Le concept fonctionnait auparavant dans le domaine gazier et pétrolier. Très tôt, la société a frappé un circuit avec sa redevance sur le gisement Goldstrike dans l’État du Nevada.


Franco-Nevada a ajouté récemment une corde à son arc en s’exposant au secteur du fer. Dernièrement, elle a annoncé être propriétaire de 9,9% du capital-actions de la société de redevances Labrador Iron Ore (LIF, à Toronto, 48,94$) que l’on connaît bien au Québec. Elle aurait accumulé des actions sur un certain nombre d’années. Son coût moyen s’élève à 14,72 $ CAN par action. LIF se vend aujourd’hui au-dessus des 49 $.


Juste avec les dividendes reçus depuis l’achat de ses actions, Franco soutient qu’elle est rentrée dans son investissement totalisant 93 millions canadiens. Le rendement sur les flux de trésorerie de LIF s’élève à 27 % au prix payé par FNV. LIF distribue sous forme de dividendes la quasi-totalité de ses flux de trésorerie libérés (free cashflow). Au cours du premier semestre 2021, Franco a ainsi reçu 14 millions US sous forme de dividende de la part de Labrador.


LIF détient 15,1% des actions de la compagnie Iron Ore, dont l’actionnaire majoritaire est Rio Tinto, de même qu’une redevance de 7 % sur la valeur du fer extrait par la IOC, au nord de Sept-Îles.


En avril dernier, Franco-Nevada a fait rebelote dans le fer, qui s’est vendu à 232 $ US la tonne pendant le trimestre. Elle a acquis une participation de 14,7 % dans une débenture de redevances de la société Vale au Brésil qui appartient au gouvernement et à une institution financière étatique. Elle a payé un prix d’achat de 538 millions US. La débenture procure une redevance sur les ventes de la partie nord et sud-est des gisements de fer de Vale sur 15 600 kilomètres carrés. Pour les six premiers mois de 2021, Franco évalue à 28 millions US la redevance à recevoir en septembre. Au prix payé, la redevance livre un rendement avant impôt de 10 % (cash yield). La production de fer assujettie à la redevance devrait croître de 60 % d’ici 2026, a soutenu l’acquéreur en avril dernier.


Le point en commun entre IOC et Vale est que les deux minières exploitent un gisement de fer à plus forte concentration ce qui réduit les émissions de gaz à effet de serre à l’étape de sa transformation dans les aciéries. Une caractéristique prisée par les industriels qui accepte de payer une prime pour ce fer plus écologique.


Désormais, 56 % des revenus de Franco-Nevada proviennent de l’or, 13 % de l’argent, 14 % du secteur pétrolier et gazier et 11 % des autres secteurs incluant le fer. Pour l’ensemble de 2021, Franco Nevada prévoit que 5 à 6 % de ses revenus proviendront de Vale, un pourcentage qui décroîtra quelque peu par la suite pour se situer dans la fourchette de 4 à 5 % en 2025.


Pratiquement 30 % des revenus de FNV sont tirés de redevances concernant deux propriétés Cobre Panama et Candelaria.


Exploité par First Quantum Minerals depuis 2019, Cobre Panama est le plus important gisement de cuivre-or-argent en exploitation dans le monde et a contribué aux revenus de Franco-Nevada à hauteur de 135,4 millions US en 2020. Franco détient deux flux de métaux (stream) sur la propriété qu’elle a achetée en contrepartie d’un investissement de 1,36 milliard US dans la construction de la mine. Le premier flux lui permet d’acheter l’or à un prix de 437,37 $ US l’once et l’argent à 6,56 S US l’once. Le second flux, à taux flottant, permet l’achat des métaux à un prix équivalent à 20 % du prix au comptant (spot).


Candelaria au Chili


En 2014, Franco a avancé 655 millions US pour l’achat de la mine Candelaria par Lundin Mining (LUN, à Toronto, 10,93$) en échange d’un flux de métaux sur l’or et l’argent. Le flux couvre 68 % de l’or et de l’argent à être extrait. Jusqu’à maintenant, Franco a acheté 373 291 onces d’or et 6 millions d’onces d’argent de Candelaria. En vertu du flux, le prix d’achat a été de 416,24 $ US pour l’once d’or et de 4,16 $ US l’once pour l’argent en 2020. Franco s’attend à tirer des revenus de 117 millions US de Candelaria en 2021. La durée de vie de la mine s’étire désormais à 2040.

Quant à Goldstrike qui a mis au monde Franco-Nevada, le gisement a été récemment regroupé au sein de l’unité des activités d’exploitation de Carlin depuis la création d’une coentreprise entre Barrick (ABX, à Toronto, 25,37$) et Newmont (GNT, à Toronto, 74,03$) au Nevada. Carlin comprend, outre Goldstrike, Gold Quarry, la part de 60 % de la coentreprise dans South Arturo, ainsi que d’autres propriétés dans lesquelles FNV ne détient pas de redevances. Au total, Barrick extrait 1 million d’onces des propriétés de Carlin. De son côté, Franco-Nevada, qui détient deux types de redevances sur Goldstrike, entend en retirer des revenus de 20 millions en 2021, un montant semblable à celui obtenu au cours des trois dernières années.


Achat ou pas ?


Détenir du Franco-Nevada est une façon d’être exposé à l’or en se prémunant du risque d’exploitation associé aux titres miniers tout en gardant un certain levier sur le prix de l’or. Malheureusement, cette action, qui a dans les 10 dernières années superformé autant dans un marché haussier de l’or que baissier, n’est pas donnée. À 193 $ CN, elle se vend à 44 fois les profits futurs, 5 fois la valeur aux livres et à 2 fois ses revenus, calcule Morningstar.


La société a toutefois connu une croissance conséquente dans la dernière année avec les acquisitions des actions de LIF de l’achat de la débenture de redevances de Vale et de l’achat d’un flux de métaux sur la mine Condestable, au Pérou.


La croissance annuelle moyenne sur trois ans atteint 15 % pour les revenus, 36 % pour le bénéfice d’exploitation et 17 % pour les profits par action 17,28 %. Franco-Nevada prévoit une hausse de 5 % des onces équivalant en or vendues d’ici 2025.


Franco-Nevada dispose de capitaux de 1,4 milliard US, dont près de 200 millions US en encaisse. Sa dette nette s’élève à 0 $. Sa marge bénéficiaire à 84 % fait rêver.


Depuis le début de l’année, le prix de l'action de FNV a avancé de 17 %. Il avait reculé jusqu’à 134 $ au début mars.


« Franco devrait connaître une bonne croissance jusqu'en 2024-2026 avec les accords de flux et de redevances qu’elle a en main. La contribution du pétrole et du gaz devraient également s’améliorer, en supposant une relative stabilité des marchés de l'énergie. Ceci dit, les investisseurs qui envisagent d’accroître leur position dans la société à ce moment-ci devront payer la prime habituelle accordée aux actions de FNV», a écrit Charles Clark de Value Line le 2 juillet dernier.

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