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  • André Dubuc

L’or à près de 2000 $ US et puis après ?

Dernière mise à jour : 14 mars

L’or s’est approché de son record absolu de 2067 $ US au prix comptant mardi avant de retraiter le reste de la semaine. Le métal jaune a terminé la séance du vendredi 11 mars aux alentours de 2000 $ US. Quoi en penser ?


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Avant d’aller plus loin, j’ouvre une parenthèse. Le Conseil mondial de l’or s’attarde au prix comptant (spot) et non pas au prix sur les contrats à terme (futures) pour déterminer si l’or a battu ou non son record. Le Conseil regarde d’abord le prix au LBMA (London Bullion Market Association ou Association des professionnels du marché des métaux précieux de Londres), établi par enchères.


Au LBMA, la semaine dernière, Au a atteint un prix au comptant de 2039,05 $ SU l’once le 8 mars en après-midi, à quelques trente dollars de son record de 2067,15 US $, enregistré le 6 août 2020.


Le Conseil mondial de l’or considère aussi l’indice XAU de Bloomberg. Son prix record de de 2073,41 US est survenu au cours de la séance du 7 août 2020 et le 8 mars dernier, XAU s’est arrêté à 2070,29 $ US. Vendredi, XAU a terminé la journée à 1985,29 $ US.

Pendant ce temps, sur le marché des contrats à terme au Comex (New York Commodities Exchange), le sommet de 2088 $ US date lui aussi d’août 2020. Le 8 mars dernier, il a bien failli s’y rendre à nouveau, mais a été stoppé à 2078 $ US, avant de retraiter. Fin de la parenthèse.


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L’or, valeur refuge, est poussé par deux vents de dos : l’inflation qui s’incruste dans nos sociétés et la guerre en Ukraine qui accentue les risques géopolitiques. Historiquement, l’or est positivement corrélé aux deux phénomènes : inflation et tensions géopolitiques.


Le métal précieux a prouvé au fil de son histoire son utilité en des temps tumultueux. COVID, tensions sino-américaines, guerre en Ukraine, démondialisation de l’économie, perte d’influence de l’Occident en Afrique et au Moyen-Orient, montée en puissance du protectionnisme et coûteuse transformation économique à prévoir en réponse aux préoccupations environnementales. Pas de doute, nous sommes entrés dans une période tumultueuse.


Rappelons que ni François Riverin [coauteur du guide Investir dans l’or et blogueur à ses heures] ni moi ne sommes conseillers financiers. Nos contenus ont pour simple but d’informer les lecteurs. Nous recommandons fortement à tout investisseur de consulter son conseiller avant d’investir. Celui-ci sera en mesure de lui prodiguer ses meilleurs conseils en fonction de son profil d’investisseur et son degré d’aversion au risque.


François et moi continuons de croire que l’or est loin d’avoir terminé son envolée. Nous adhérons à l’école de pensée selon laquelle les milliards que les banques centrales ont imprimés et déversés dans l’économie pendant la pandémie ont réveillé le démon de l’inflation que l’on croyait endormi à jamais.


En conséquence, tout repli du métal jaune devient une occasion d’achat. Ainsi, advenant une improbable solution rapide au conflit ukrainien, on peut certainement anticiper en réaction un recul passager du prix de l’or. Ce sera à ce moment une excellente occasion de faire des réserves, puisque le vent de l’inflation continuera de souffler fort alimenté par la hausse du prix des matières premières.


Au moment, où l’on se parle, l’inflation a continué de monter en février aux États-Unis, où elle voisine les 8 % et l’effet de la guerre sur le prix des matières premières et sur le pétrole ne joue à peu près pas sur cette donnée.


Depuis six mois, les loyers aux USA ont augmenté en rythme annualisé de 5,5%, du jamais vu depuis l’année où Dennis Martinez, alias El Perfecto, a été échangé aux Expos (1986). On s’attarde aux loyers, car, contrairement au pétrole qui fluctue au jour le jour, le prix des loyers est fixé pour une période de 12 mois ou plus et évolue donc lentement. Des baisses de loyer ne sont pas impossibles dans des circonstances exceptionnelles, mais demeurent rares. Tout ça pour dire que l’inflation dans les loyers n'est pas transitoire. Elle restera élevée dans les prochains mois quoiqu’il arrive, ce qu’on ne peut pas dire du pétrole.


Selon Reuters, les anticipations inflationnistes aux États-Unis sont à la hausse, passant de 3,5 %, en février, à 5,24 %, le 7 mars. En somme, les agents économiques commencent à douter de la capacité des banques centrales à dompter l’inflation, du moins dans les 12 prochains mois.


Il faut garder en vue que si les prix des matières premières (pétrole, nickel, aluminium, et denrées agricoles) devaient continuer de prendre de l’altitude ou persister à leur niveau record, il existe un sérieux risque de destruction de la demande. Le cas échéant, une récession d’abord européenne puis mondiale s’ensuivrait. Dans un tel scénario, assez plausible à ce moment-ci, le problème d’inflation se résorberait possiblement de lui-même en raison de la contraction de l’économie.


Cette semaine, ce sera au tour du Canada de dévoiler les derniers chiffres sur le coût de la vie. La Banque Nationale s’attend à ce que le taux d’inflation annuelle augmente de 40 points centésimaux, de 5,1 % à 5,5%.


Dans ce contexte, quoi faire avec son or ? Comment investir ? Les erreurs à éviter ? Quoi acheter ? Combien acheter ? Le guide pratique Investir dans l’or, coécrit avec le journaliste minier François Riverin, répond à toutes ces questions. Demandez-le à votre libraire.

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