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  • André Dubuc

L’or souffre de la force du dollar américain

L’or nous fait rager ces temps-ci.


Malgré l’inflation, la glissade du bitcoin, des taux obligataires réels négatifs et le dégonflement des titres technologiques, l’or n’a pas su résister à l’envolée du billet vert américain. Son prix affiche un recul de 5% (en dollars canadiens) et de 7 % (en devises américaines) depuis le début de l’année.


En comparaison, ls S&P 500 a perdu 16 % de sa valeur depuis le 1er janvier, le Nasdaq,

-23 %, le Bitcoin, -50 % et les obligations 10 ans du gouvernement américain, -12 %.


Cela dit, nos portefeuilles fictifs de titres aurifères n’ont pas résisté et les reculs sont considérables. Peu importe les titres, Newmont, Barrick, Franco-Nevada, Agnico, tous sont dans le rouge. La situation est pire pour les titres plus spéculatifs que sont Orla et Maple.


Sommes-nous désespérés ? Du tout.


Nous croyons malgré tout que le contexte demeure favorable à l’or et que l’occasion est belle d’en rajouter à son portefeuille pour ceux qui veulent en détenir dans une proportion variant entre 2% à 15 % de la valeur de son avoir financier, dans le respect de son profil d’investisseur.


L’or est une assurance-patrimoine. En détenir dans son portefeuille diminue la volatilité de celui-ci. Quand on investit dans l’or à des fins d’assurance-patrimoine, il faut investir dans le métal lui-même soit en achetant de l’or physique ou des fonds négociés en bourse investis en lingots.


Quand on choisir d’investir dans des sociétés aurifères, on augmente son niveau de risque et la volatilité de son portefeuille par rapport à acheter de l’or physique.


Depuis la parution de notre livre, en février 2021, nos portefeuilles fictifs respectifs, dont la composition en titres aurifères varie de 50 à 100 %, ont fluctué à l’intérieur d’une fourchette de -25 % à + 25 %.


Malgré leur recul considérable, gardons en tête que Newmont, Barrick et Franco-Nevada n’ont pour ainsi dire pas de dette nette. Agnico-Eagle reste sous-évaluée et Orla recèle toujours un potentiel de croissance attrayant.


Les résultats du 2e trimestre sortiront bientôt : les revenus seront à la hausse, mais les marges seront sous pression avec la montée des prix de l’énergie et la résurgence de l’inflation dans l’économie. Les titres repartiront à la hausse le jour où l’or remontera.


Pour la suite des choses, il toujours est bien difficile d’entrevoir l’avenir.


La banque centrale européenne vient d’augmenter son taux directeur pour la première fois en 11 ans, ce qui devrait calmer l’appréciation du dollar américain. La remontée des taux d’intérêt aux États-Unis devrait cesser, croient plusieurs économistes, au premier semestre 2023 au plus tard, probablement avant. Il s’agit d’un autre facteur devant mener à la normalisation du cours du dollar américain (+11 % en 2022 face à un panier de devises) qui a atteint un sommet des 20 dernières années en juin.


Le défi demeure entier pour les banques centrales : juguler l’inflation sans tuer l’économie. Nous souhaitons sincèrement qu’elles réussissent., mais nous en doutons. Un dénouement plus probable à nos yeux est la persistance d’une inflation supérieure à 3 % et une économie tournant au ralenti. Un scénario qui s’apparente à la stagflation.


L’or aura encore l’occasion de briller.


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