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  • André Dubuc

L’or va-t-il finir de baisser un jour ?

Pour notre plus grand malheur, le prix de l’or a continué de baisser en octobre malgré une inflation toujours aussi persistante.


En fait, le métal jaune souffre de la force du roi dollar, stimulée par le discours de la Fed et de la remontée spectaculaire des taux directeurs en 2022.


Depuis mars dernier, la Réserve fédérale a augmenté ses taux de 275 points, un scénario que nous n’avions pas prévu. Nous pensions que les autorités allaient agir beaucoup plus graduellement dans le resserrement de leur politique monétaire. Ceci dit, nous continuons de penser que la Fed refusera de monter les taux au-dessus d’un certain seuil. Serait-ce 6%, 7% ou 8% ? Nous aurons bientôt la réponse.


Dans l’intervalle, les investisseurs du monde entier se réfugient dans les bons du Trésor de l’Oncle Sam en attendant d’y voir plus clair. Sur ce point, le dollar américain s’avère pour le moment une valeur refuge plus populaire que le lingot d’or.


En fait, la popularité du billet vert fait mal paraître tous les actifs : actions, obligations et ressources naturelles.


Vendredi 14 octobre, l’once d’or se vendait 1641 $ US, en baisse de 9 % depuis le début de l’année. En dollars canadiens, le portrait est beaucoup moins désespérant puisque le huard n’arrête pas de se déprécier face à la devise de notre voisin du sud. L’once d’or se vend 2280 $ canadiens, en recul de 1 % seulement depuis le début de l’année.


Selon Jeffrey Christian du CPM Group, la faiblesse du prix de l’or durera encore un temps, avec une possibilité que le prix descende jusqu’à 1630 $ US.


Comme lui, nous croyons que le prix du lingot remontera à partir du moment que la valeur du dollar US cessera d’augmenter.


Ce sera le cas si les autres pays emboîtent le pas aux États-Unis et augmentent leur taux d’intérêt aussi fortement que la Fed. L’Europe est en retard à ce chapitre. Leur situation économique, avec la guerre tout à côté et la crise énergétique qu’elle a déclenchée, tempère les ardeurs de la Banque centrale européenne à ce propos.


L’Angleterre, qui a été la première a relevé ses taux, est entrée dans une zone de turbulences causée par le choc entre la politique budgétaire expansionniste de la nouvelle Première ministre et la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. On en saura davantage sur le sujet la semaine prochaine.


Le Japon n’a pas encore commencé à hausse ses taux directeurs. Résultat : le yen dégringole. Le dollar canadien vaut 17 % plus cher face au yen qu’au début de l’année. C’est le temps de planifier vos vacances au pays du Soleil levant !


Autre scénario plausible, il pourrait aussi avoir une action concertée des banques centrales en vue de limiter la force du billet vert. Un dollar fort a comme inconvénient d’importer l’inflation américaine chez ses partenaires commerciaux. Les pays émergents souffrent puisque leur dette est souvent libellée en dollars américains.


Il ne faut pas penser non plus qu’un dollar US trop fort fait l’affaire des Yankees. Oui, c’est pratique pour les voyages à l’étranger, mais les exportateurs américains perdent leur compétitivité tandis que les profits des multinationales américaines réalisés à l’étranger fondent comme neige au soleil une fois convertis en US.


Scénario plus probable, le dollar américain perdra de sa superbe le jour où la Fed annoncera la fin des hausses de taux voire un relâchement de sa politique monétaire. Malheureusement, ce jour apparaît un peu plus lointain à chaque nouveau chiffre sur l’inflation.


Du côté des titres aurifères, les résultats du troisième trimestre sont attendus dans les prochains jours. Pas de miracles à l’horizon. Les marges sont sous pression avec un prix de l’or à la baisse et l’inflation du coût des intrants.


Au moins, Barrick (ABX, à Toronto, 19,72$) assure qu’elle produira en 2022 la quantité d’or annoncée.


Orla (Ola, à Toronto, 4,57 $) avait aussi de bonnes nouvelles à transmettre à ses actionnaires. Au 3e trimestre, Orla a produit 28 876 onces d’or, plus que prévu par les analystes. La teneur a surpris à la hausse de 0,88 g/t au lieu de 0,75 g/t et une cadence de production 19 200 tonnes de minerai par jour supérieure aux attentes. Orla augmente ses prévisions de production pour 2022 de 10 000 tonnes, à 110 000 tonnes. Elle détient maintenant 90 millions US en encaisse.


À noter que la publication de la mise à jour des ressources de l’enveloppe sulfurée à apparaître dans les détails économiques concernant les options de mise en valeur de son gisement de Camino Rojo au Mexique a été de nouveau reportée, cette fois pour le premier trimestre 2023. Elle avait été promise pour le premier semestre 2022, ensuite pour la fin de l’année 2022.


Depuis février 2021, l’action d’Orla s’est vendue dans une fourchette de prix allant de 3$ à 7$. Ces deux dernières années, le prix de l’action s’est souvent maintenu au-dessus de 4,40$. Scotia a un prix cible de 7$ d’ici un an.


Les principaux actionnaires d’Orla sont Newmont et Pierre Lassonde.


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