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  • François Riverin

Nager dans l’argent



Mines Agnico Eagle, Barrick Gold et Newmont Mining ont annoncé récemment leurs résultats financiers pour 2020. Depuis que je suis les titres aurifères, j’ai rarement vu, sinon jamais, un tel déluge de profits.

Étonnamment, une politique prudente, voire timorée, teinte l’ensemble des projets d’investissement de ces producteurs. C’est maintenant le temps de généreux versements aux actionnaires, plus habitués dans le passé par des radiations et dévaluations. Au lieu de projet olé olé dans des lieux exotiques, on parle de hausses de dividendes, de programmes de rachat d’actions et de distribution de capital.

Agnico est celle qui m’impressionne le plus, en regard de son record de production du dernier trimestre de 2020, de la progression prévue de sa production annuelle (1,74 million d’onces en 2020) de l’ordre de 24 % d’ici 2024, de la qualité de ses projets de développement, notamment la nouvelle mine d’or Odyssey de Canadian Malartic, en Abitibi. Son coût d’exploitation au comptant est de 775 $ US l’once, et de 1051 $ US tout inclus, lesquels pourraient être abaissés à 700-750 $ US et 950-1000$ US l’once respectivement en 2021.

Agnico a augmenté ses réserves prouvées et probables à 24 M d’onces, au détriment des ressources mesurées et indiquées à 15,3 M d’onces. La société dispose de 1,6 milliard $ US de liquidité, tout en ayant annoncé un dividende trimestriel de 0,35 $ US l’action. Un budget d’exploration de 163 M$ US est prévu cette année.

Quant à Barrick, elle est parvenue se libérer totalement de sa dette en 2020 et a généré un free cashflow de 3 milliards. Le free cash flow ou flux monétaire libre est le revenu d’exploitation qui reste à la société après avoir payé toutes ses dépenses incluant les frais de maintenance de l’actif. Le désastre financier des années précédentes semble avoir influencé sa nouvelle politique de gestion de son capital. Fini la hausse de production à n’importe quel prix. Barrick a décrété une distribution de capital de 750 millions $ US en trois versements (0,14 $ par action par versement) proposés en 2021, plus un dividende trimestriel de 0,09 $ US par action. L’entreprise n’entrevoit pas de hausses significatives de sa production annuelle pour les 10 prochaines années, laquelle devrait fluctuer autour de 5 millions d’onces par année. Toutefois une baisse de ses coûts au comptant de 694 $ à 671 $ et de ses coûts tout inclus de 959 $ US à 894 $ US l’once est prévue en 2021.

Barrick a vu baisser ses réserves de 71 M à 68 M d’onces en 2020 à la suite de la vente d’actif et de l’extraction annuelle. La hausse du prix du cuivre et de l’argent devrait amener des revenus additionnels en sous-produit en 2021.

Tout semble au beau fixe pour Newmont qui a dégagé 3,4 milliards $ US de free cash flow ou flux monétaire libre (ajout annuel au compte de banque quand toutes les sorties d’argent ont été comptabilisées) 2020. Cela devrait lui permettre de verser quelque 2,20 $ US par action en dividendes en 2021. Chaque hausse ou baisse de 100 $ US l’once fait varier son flux monétaire libre de 400 millions US. La société dispose des liquidités de 6 milliards $US, ramenant sa dette nette à 1,16 milliard $ US.

Newmont a produit 6,5 millions d’onces d’or en 2020, plus une quantité notable d’autres métaux en sous-produit, à un coût tout inclus de 1 045 $ US l’once, lequel la société prévoit abaisser à entre 800 et 900 $ US l’once dans les cinq prochaines années . La société entrevoit que sa production annuelle fluctuera entre 6,2 et 7 millions d’onces entre 2021 et 2025. Ses réserves s’élevaient à 94 millions d’onces d’or à la fin de 2020, auxquelles s’ajoutent 101 millions d’onces d’or de ressources.

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